30 Apr 2010 |
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3 journées hiking dans les rizieres en terrasse de Banaue,
ArticleAprès une longue nuit dans le bus frigorifié de Manille à Banaue je suis gentillement accueilli par la sympathique Harriet qui sera ma guide pendant ces 3 jours. C'est un peu l'afflux à l'arrivée du bus avec tous ces philippins qui nous interpellent. Moi je suis tranquille Nico m'a donné un bon numéro. Arrêt au bar restaurant qui surplombe la ville de Banaue avec une belle vue sur les terrasses. Je prends un petit déjeuner pendant que Harriet m'explique notre trajet. On part en tricycle de Banaue pour atteindre jonction puis on marche jusqu'à Batad où ma guide habite puis on visite des cascades. Le deuxième jour on continue jusqu'à Pula où on dort, le dernier jour retour à Banaue. Le programme s'annonce sympathique. On passe par le petit négociant du coin pour acheter à boire et un peu à manger. Harriet me suggère d'acheter des bonbons pour les gamins sur la route. J'en prend deux gros paquets. On peut se dire plusieurs choses par rapport au fait de donner des bonbons à ces enfants. D'abord j'aime pas donner sans avoir vraiment une contrepartie quelconque; c'est habituer des gamins à attendre toujours quelque chose des étrangers, à les rendre dépendants. Mais aussi beaucoup de ces gamins ont des caries à force de manger des bonbons. Il n'y a pas vraiment d'hygiène de santé. Et un dernier point qui n'est pas vraiment d'actualité c'est la propreté de la nature. Ici il y a partout des sacs plastiques, bouteilles d'eau; c'est assez sale. Mais on ne peut pas vraiment les blâmer car il n'y a pas de système de recyclage des déchets. Alors au final tout finit dans la nature. Et ces petits bonbons que je leur donne c'est un bout de plastique à la fois. Pourquoi autant de déchets? Certainement que les industriels pourraient faire un effort sur moins d'emballages ou plus biodégradable. Nous voilà donc partis pour jonction à bord du tricycle que l'on négocie. Je découvre les premières rizières, c'est vraiment super joli ces terrasses. On est en saison sèche donc ce n'est pas encore très vert. 2 heures de marche nous emmène à Batad où je mets mes affaires. Harriet me pose tout plein de questions, ce que je fais, où j'habite, etc.. Elle est vachement curieuse et vraiment super sympa. En plus elle est vraiment marrante, une guide au top. Elle me parle de gens qu'elle a déjà emmené, beaucoup de français au final. Cela doit être vraiment réputé dans le routard ici. La marche n'est pas facile, ca monte, ca descend, ca glisse (c'est ce que Harriet me répète en français). Mais avec de bonnes chaussures pas de soucis. Les philippins font le trek en tongues. Le déjeuner à Batad je prend un sandwich. C'est pas très copieux mais cela me suffit. Je rencontre des québécois qui eux aussi font la balade. Sans guide et avec 2 sacs énormes ils ont un peu galéré. Ils dormiront dans la cabane typique, moi je prend la chambre avec moustiquaire. Une misère 200 pesos soit un peu plus de 3 euros. On redescend le long des rizières pour atteindre les cascades. On suit un groupe de coréens qui ne sont pas des plus calmes. Cela descend assez raide, mais au final on va pouvoir se baigner. Avec la chaleur et le soleil qui tape fort ce n'est pas désagréable. Il y a donc un petit lac avec une grande chute d'eau. On passe une petite heure; les coréens baptisent leur guide en chanson et en le plongeant dans l'eau c'étaient bien marrant. Je fais un concours de ricochets avec un des guides mais je perds.. Enfin on retourne à Batad en passant par les terrasses. Ça monte!! En arrivant au guest house l'hôte me montre une petite cahute où elle a vécu petite. Elle me raconte un peu l'histoire de ces rizières. Déjà 2000 ans que ces populations ont construits ces terrasses, et c'est avec un vrai génie qu'ils ont réussi. Les rizières de Batad sont vraiment très belles, elles sont en forme d'un théâtre grec en demi cercle. Chacun des habitants du village possède sa rizière qu'il lèguera aux 2 plus jeunes de ses enfants. Ils font une récolte par an et malheureusement cela ne leur suffit pas pour pouvoir se nourrir convenablement. Il fallait un vrai talent d'ingénierie pour produire un système aussi complet d'irrigation et de terrasses sur une terre abrupte et difficile d'accès. Je comprend bien que ces terrasses sont notés dans les sites à protéger par l'Unesco. Mon hôte rajoute que c'est une des merveilles du monde et en plus d'être joli c'est fonctionnel et a été fait pour une raison de survie. Le soleil se couche tôt ici, à 18h30 c'est déjà la nuit. Pas grand chose à faire de toute façon je suis bien fatigué après avoir manger un poulet/riz je regarde la télé avec le fils mais leur télénovela est vraiment soporifique. Je pars me coucher pour une nuit bien reposante. Harriet m'a invité à prendre le petit déjeuner dans sa famille, j'ai droit à du poulet/riz pour changer. Enfin c'était sympa de se retrouver avec ses 3 enfants autour d'une table. Je suis l'hôte d'honneur en quelque sorte. Il est temps de repartir sur les petits chemins. On traverse toutes les rizières de Batad pour se retrouver sur le point de vue. Le chemin continue jusqu'à Cambulo. Il ne faut vraiment pas avoir le vertige ici, on marche sur ces petites terres-plein qui forment les terrasses, parfois d'un côté il y a 10 mètres de vide. Harriet marche d'un pas rassuré, je le suis moins. Beaucoup de choses ont changé, l'arrivée de l'électricité à Batad, les touristes qui afflux, les huttes traditionnels sont remplacés par des maisons plus solides, le ciment qui remplace la terre. C'est sur on ne peut pas leur reprocher d'avoir la modernité mais les lieux perdent de leur authenticité. Il y a des projets de télécabine m'explique Harriet. Espérons qu'ils ne succomberont pas dans l'argent facile que les entrepreneurs leur miroitent. Beaucoup de promesses sont faites car les élections ont bientôt lieu et une chose extraordinaire c'est que partout même au plus loin reculé de la forêt il y a une affiche pour un candidat. L'élection c'est pas juste élire un président c'est élire un vice-président, congressman, maire, vice-maire, conseiller.. En tout 23 personnes, alors vraiment le choix n'est pas évident. Certains politiques locaux font le chemin on en rencontre 2. Je dis à Harriet de demander de l'argent pour qu'elle vote pour lui. C'est bien ce qui se passe ici, les politiques achètent un porc qu'ils offrent en échange de vote. L'état est très corrompu. Plusieurs politiques se proclament anti-corruption, ouais j'aimerais voir ça. Toute la journée on va marcher dans les rizières c'est vraiment très sympa mais le soleil tape vraiment fort. Je prends quelque coups de soleil. En arrivant à Pula j'ai l'impression d'arriver dans un village perdu au fond de la jungle. Ici pas d'électricité ni d'eau courante, c'est presque le bout du monde. Je suis donc dans une guest-house la nuit coûte 200 pesos aussi. Avant d'aller manger je descend pour aller voir quelques gamins qui jouent dans la cour de l'école. Pour la soirée je suis le seul touriste ici. Sur le registre des visites 1 visiteur sur 2 est français. Je laisse un petit mot pour inscrire mon passage. Pour manger c'est du riz avec du bœuf en boite de conserve. Ils ont de l'électricité avec un panneau solaire. Un investissement pour ses gens mais qui rend la vie bien plus facile. Ils m'expliquent qu'ils l'ont acheté à crédit sur un an. Pour une guest house c'est sur que les touristes sont un peu plus content d'avoir un peu de lumière. La cuisine est préparée sur des braises. Cela met un peu plus de temps pour cuire et le plafond est noir. Sur le mur se balade un cafard, il vient même sur la table. L'hôte le prend et le met dehors. Sympa niveau hygiène; c'est normal elle me répète. Ok on est dans la nature c'est normal qu'il y est des bestioles partout.. Après manger je vais me coucher rapidement, je suis bien fatigué. De toute façon ici je dors bien; je fais des nuits de bien 10h même si à 5h c'est la cohue des coqs qui se réveillent. Un vrai concert. Voilà le dernier jour arrive avec le retour sur Banaue. J'ai bien cramé ces derniers jours, je met des habits longs. Mais heureusement sur la route on passe par la forêt à l'abri du soleil. On rencontre quelques touristes en sens inverse ainsi que des porteurs qui amènent du ciment de l'autre côté. Un sac de ciment de 20 kilos c'est 150 pesos. Il faut voir par où on passe, ce n'est pas tout plat. Ils n'utilisent pas des animaux parce que le chemin est trop petit, les bœufs tombent. Tout est à dos d'humain. Il y a quand même un bœuf au loin mais celui-ci sera mangé le lendemain à un marriage à Batad. Dommage je vais louper ça. Encore et toujours des affiches politique au milieu de la forêt, on arrive enfin à la route. De la il y a 8 kilomètres pour rentrer jusqu'à Banaue. La route me fait mal aux pieds, c'est du béton bien dur plus de la terre molle. On a de la chance car un camion nous prend et nous dépose un peu plus bas à viewpoint. De là on voit les terrasses de Banaue. Elles sont quand même moins belles et moins bien entretenues. C'est dommage. C'est sacrément touristique ici, il y a tout plein d'échoppes et de petit magasins de souvenirs. Il n'est que 14h quand on arrive à Banaue. Mon bus est plus tard à 18h. J'ai tout le temps pour manger et acheter 2,3 trucs. Harriet reste un peu avant d'attendre son jeepney. Normalement c'est 1000 pesos par jour, je lui donne 4000 comme bon pourboire car c'était vraiment sympa ce qu'on a fait. Elle repart pour Batad ce soir en attendant de nouveaux clients; moi je rentre sur Manille. En partant de Banaue je suis tout seul dans le bus mais plus loin on s'arrête pour prendre d'autres gens. Une longue nuit dans le bus m'attend avant de retrouver les cris de Manille. Facebook Social Comments Box for Joomla
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