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11
May
2011
L'Isla Ometepe Imprimer Envoyer
Écrit par Gwennolé   

Ma route m’emmène vers la très spectaculaire Isla Ometepe que je vais parcourir les 3 prochains jours. De Rivas direction plein Est avec le vent de face il faut 10 minutes pour atteindre l’embarcadère de San Jorge. J’arrive juste à temps pour prendre le dernier ferry. En face de moi culmine ce majestueux volcan qui en cette fin d’après-midi a une couleur magique. Quel spectacle de voir arriver le ferry sous les vagues et les bourrasques de vent avec ce volcan comme arrière plan. le_ferry_et_le_volcan Le ferry et le volcan

C’est assez extraordinaire que ce lac Nicaragua possède en son sein cette île à deux volcans. Le premier Conception culmine à 1600 mètres et le deuxième Madéras à 1400 mètres. J’ai l’impression de partir à l’aventure sur une île mystèrieuse. C’est un spectacle extraordinaire que d’assister sur ce ferry au déchainement du vent, aux moutons des vagues, à l’admiration de ce beau volcan, au soleil qui se couche. J’aime ces moments particuliers qui donnent une raison à tous ces kilomètres parcourus, tous ces efforts consentis.

Sur l’arrière du bateau on a l’impression que le ciel s’éclaire d’or avant de sombrer dans l’obscurité.

le_ferry_et_le_ciel_d'or Le ferry et le ciel d'or

Il est tard quand j’arrive au port de Moyalpa, le soleil est couché depuis plus de 1h. Je trouve rapidement un hôtel pour 10$ la nuit. Un bon repos me convient avant d’entamer les routes de l’île.

L’Isla Ometepe est comme un huit, la partie Ouest avec le volcan Conception est la plus peuplée et la mieux urbanisée, à l’Est le volcan Maderas. Je prends donc direction l’Est sur la route qui doit servir à l’évacuation en cas d’éruption.

l'évacuation_et_le_volcan L'évacuation et le volcan

Le volcan Conception est toujours actif et c’est pour cela qu’il n’a que très peu de végétation au contraire du Madéras. Je vais choisir de grimper sur ce deuxième pour la facilité et pour la découverte de la faune et flore de l’île. L’ascension du Conception est bien plus dure, toute une partie est sous le soleil. En plus rien n’indique que l’on aura la chance de ne pas être suivi par les nuages. Pour aller au Madéras je dois atteindre l’Est de l’île à la petite ville de Magdalena. Je passe par la ville de AltaGracia aux nombreux pétroglyphes, les anciennes pierres de l’age précolombienne vouées au culte d’un dieu. Construites de pierres volcaniques elles sont l’héritage culturelle des anciennes populations qui vivaient ici avant l’invasion espagnole.

petroglyphes Petroglyphes

La route continue avec un très beau panorama sur le volcan. Je rencontre là un allemand qui fait la panaméricaine de Anchorage à Ushuaïa en traversant toute l’Amérique du Nord au Sud. Durée du périple 2 ans, heureusement qu’il a un bon vélo.

vélo_et_volcan Vélo et volcan

Je m’arrête un peu plus loin pour déguster allégrement quelques mangues récupérées sur le sol. Quel délice ces fruits frais exotiques. Le seul problème des mangues sont les fibres qui restent collées entre les dents. J’arrive maintenant sur la plage de sable noir Santo Domingo qui précède le volcan Madéras et qui termine la route pavée. De nouveau je me retrouve dans des chemins de pierre et de terre.

santo_domingo Santo domingo

Plus que quelques kilomètres pour atteindre Magadalèna qui est en fait une fincha une copérative. L’hôtel est moyen mais peu cher. Je me retrouve parmi des gringos américains qui partent demain pour le volcan. Je me sens seul dans ce genre d’endroits avec ces américains qui s’émerveillent de tout et pour qui tout est fantastique. C’est gens qui veulent dormir dans un hamac parce que c’est cool. Je suis en décalage, je n’arrive pas à m’intégrer à eux, ou plutôt je n’ai pas envie. Enfin la vue est quand même belle de cette fenêtre où sort un portrait parfait du volcan Conception à la lueur du coucher de soleil.

conception_par_la_fenêtre Conception par la fenêtre

En faisant un tour au petit pueblo en bas je fais la rencontre de Francesco qui sera mon guide demain pour la montée du Madéras. Il y a quand même 1200 mètres de dénivelé. C’est une bonne marche !!

Le départ est prévu pour 8h, je suis accompagné par 2 américaines et 1 canadien qui vont me souler par la manie nord américaine et leur façon de s’exprimer et d’être. J’ai vraiment passé trop de temps dans l’arrière-pays Nicaragua !! Enfin j’avance devant ou derrière et apprécie la nature qui nous entoure. On traverse un champ de café, passe devant un pétroglyphe. Francesco attrape un mariposa, un papillon.

La montée est ardue, il faut avancer doucement et éviter de trébucher sur un caillou ou un branche. Les choses se corsent avec l’arrivée de la pluie qui trempe tout et qui rend le chemin boueux et glissant.

la_montée_du_volcan La montée du volcan

J’ai l’impression de me retrouver dans une forêt primaire, vierge. Au loin on entend des grognements sinistres, graves qui sont en fait des singes. La lumière se fait moins forte. Le son de la forêt est omniprésent, les gouttes qui tombent de feuille en feuille, les arbres qui s’agitent, les oiseaux qui jacassent, les pas qui éclaboussent les chaussures, le pantalon. On est tous trempé, par la sueur, la pluie, l’humidité. C’est un peu l’enfer vert !! Voici le point culminant du volcan ; on descend maintenant dans son cœur, vers le cratère. Le chemin est trempé, glissant ; il reste 100 mètres à descendre pour découvrir ce lac. C’est bien dommage que tout est nuageux, on ne voit pas grand-chose. Mais cela donne un aspect mystérieux, secret au lieu.

Une pose déjeuner avant de repartir pour redescendre à Magdalena. La descente est toujours plus dure que la montée, tant parce que c’est glissant avec mes chaussures plates mais aussi car cela fait mal aux jambes de constamment compasser. Il a un bon kilomètres à descendre, je m’aide d’un baton et tombe quelques fois. Je me relève, les pieds trempés, gadoueux, les mollets en feu. Enfin je fais la belle rencontre de singes qui par une agilité extrême se balade de branches en branches, d’arbres en arbres.

singe_du_maderas Singe du maderas

Arrivé au bout de cette longue descente je ne tarde pas trop car il me reste que peu de temps avant que la nuit ne tombe. Je trouve un hôtel à la playa Santo Domingo où j’ai le temps de prendre un bon bain dans cette eau douce.

C’est un très beau spectacle cette île Ometepe, je laisse un endroit voué à la nature, à l’émerveillement, les photos carte postale. Je reprends la direction de la côte Pacifique pour une dernière étape au Nicaragua San Juan del Sur.

 

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