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18
Sep
2009
Tsingy de Bemahara Imprimer Envoyer
Écrit par Gwennolé   

3 jours de trek 4x4 pour atteindre les tsingy de Bemahara,

Article

Après la descente en pirogue de la Tsiribinhia, on embarque dans le 4x4 neuf. Assis dans des sièges agréables, c'est une ambiance différente. Déjà on se retrouve les 2 filles et moi avec notre chauffeur Faly. Il est très sympa mais un peu stressé car on devait être au rendez-vous une heure plus tôt. On a pas mal de route et 2 bacs à traverser pour atteindre Bekopaka.
Une petite demie-heure de route nous amène au premier bac. C'est un sorte de catamaran à l'ancienne avec 2 coques et un pont central. Il est propulsé par 2 moteurs old school qui en se lançant dépasse en dB le décollage d'un avion. Les pauvres pilotes doivent rester à côté pour diriger notre embarcation. La montée sur le bac est folklo aussi. Le bateau est sur la rivière, il faut passer au dessus de la boue entre l'eau et la terre. Pour cela il y a 2 gros bouts en fer accrochés du mieux qui peuvent. Avec le 4x4 il faut faire bien attention de rouler dessus car sinon on tombe à la renverse dans l'eau. Heureusement que les gens nous indiquent comment manœuvrer. On monte à bord avec efficacité. On est le seul 4x4 sur le bateau, on traverse la rivière pour atteindre Belo.
Normalement on aurait du s'arrêter pour manger, mais le temps presse on va prendre du pain avec des sardines. Il est trop difficile de manger en roulant tellement la route est mauvaise, on risque d'en mettre partout. On s'arrête donc pour manger, les gens nous regardent se demandant ce qu'on peut bien faire. Beaucoup d'enfants sur la route crient vazaha, parfois courent après la voiture. C'est assez marrant, à chaque village la main levé on fait un petit signe.
La route est encore longue pour atteindre Bekopaka. Il y a 70 km. Cela peut paraître peu mais c'est beaucoup sur ces routes en terre, large d'une voiture et aux bosses et trous incessants. On croise des chars à zébu, un des moyens de transports locaux. Ici à la saison des pluies les routes sont impraticables. Personne ne vient, le parc est même fermé pendant ces 6 mois. Les locaux sont des cultivateurs, éleveurs. Les gens sont noirs de peau ici, les villages que l'on traverse ressemblent vraiment à l'Afrique noire. De l'Est verte aux visages asiatiques, l'Ouest est complètement différente c'est l'Afrique qui domine ici. On est dans la tribu des sakalaves.


3 freres 3 freres

Il nous faudra bien 3 heures pour parcourir tous ces kilomètres. On est balloté dans tous les sens. Sans 4x4 je ne vois pas comment on peut venir. Quand je pense qu'il y a un sorte de camion-brousse qui fait le chemin où les gens s'entassent sans sièges, ni confort. Cela doit être du sport.
Le soleil se couche déjà, on va louper notre bac. De toute façon on est à Madagascar, tu payes il te font passer. C'est bien ce qui arrive. Le bac est cette fois-ci moderne. Il aurait été payé par le président. Ici c'est un haut lieu touristique, ils mettent un peu les moyens.
Nous voilà arrivé à Bekopaka. On va à l'hôtel pour poser nos affaires. Je négocie une tente pour ne pas payer cher. Les filles ont une belle chambre luxueuse. J'aurais un petit matelas, et la douche froide commune pour sanitaires. Cela me suffit. On dîne ce soir à l'hôtel.
Les filles ne sont pas très bavardes et dès le repas fini elles partent se coucher. Je reste un peu avec le groupe de musique qui joue en fond. On chante en karaoké ensemble, je danse un peu avec eux. C'est génial de pouvoir vivre ces quelques moments de plaisir partagé et qui ne coûtent rien. On rigole bien quand un des danseurs nous fait la démonstration de la danse local, à base de déhanchement des fesses. Je me rend compte que depuis que je suis arrivé à Madagascar, jamais je ne me suis senti seul. Les gens sont tellement accessibles que l'on peut discuter avec eux sans arrêter. J'aime ces pays, ces gens simples, abordables. Je trouve ça dommage comme le font les filles de ne pas faire la démarche d'aller les voir, de passer un peu de temps avec eux, de mettre une barrière touristes-guides. On reste jusqu'à 22h, c'est le couvre-feu, le générateur est arrêté. Les lumières sont éteintes. Il n'y a plus grand chose à faire, je vais me coucher.
On se lève tôt, 6h30. Une petite douche froide pour se réveiller, c'est notre premier jour pour visiter les tsingy. Le matin on commence par découvrir les gorges du Manambolo. On part de nouveau en pirogue pour 3 heures. Notre guide Tata nous emmène dans des grottes où on découvre chauve-souris, papillon. Un peu plus loin dans les pierres il y a des tombeaux. Beaucoup de fady sont associés à ces tombes, il ne faut pas par exemple les montrer du doigt.
Ce midi on mange un poulet sauce avant de repartir cet après-midi pour la visite attendue des petits tsingy. Le petits tsingy sont juste au niveau du village par besoin de prendre le 4x4 pour y accéder.
On rentre dans ce labyrinthe de roches calcaires. Au début il faut se faufiler à travers les parois étroites, se baisser, passer de côté. Nous sommes en bas, au dessus de nous des grands pans verticaux d'une dizaine de mètres nous surplombent. Déjà on voit les formes si particulières des tsingy, l'érosion a creusé des rigoles pointues au faux air de montagnes miniatures. Notre chemin continue vers la partie supérieure des tsingy, il y a un peu d'escalade, la chaleur sous le soleil devient de plus en plus forte. Mais le spectacle en vaut le coup. Du haut du belvédère on observe cette forêt de pic de calcaires aux bouts très pointus.

petits tsingy Petits tsingy

Il ne faut pas tomber sinon on est embroché. C'est vraiment un paysage unique, en regardent de près j'ai l'impression de voir les sommets des Pyrénées. Du haut d'un des arbres est perché un héron qui se dore au soleil.

au soleil Au soleil

Il y a de la végétation, les arbres arrivent à pousser malgré ce paysage très accidenté. On continue notre parcours pour redescendre dans la forêt. Les petits tsingy ne sont pas très étendus mais donnent déjà une belle impression. On attend les grands tsingy pour demain. La journée est passée bien vite.
Sur la route du retour on s'arrête dans le village car un lémurien a investi les lieux. Celui ci n'est pas farouche, il cherche à manger. Un gros attroupement s'est formé autour de nous, le lémurien monte sur les gens. J'achète une pomme de terre, il en mange. Il me monte dessus. J'aurais cru qu'il avait des griffes mais non ces pieds et mains sont des coussinets. Il est vraiment très doué par s'agripper à tout, aux têtes qui passent, aux bouts de bois. Il n'aime pas être à terre, toujours en mouvement en hauteur, il donne un sacré spectacle.
Laissons ce lémurien; le temps de rentrer et de prendre une douche c'est déjà l'heure d'aller manger. Cette fois-ci on part manger dans le village. On s'arrête à la première gargotte et pour changer on nous sert poulet sauce. Les gens pas trop habitués aux vazahas, ils se mettent en 4 pour nous recevoir. On nous demande même à quelle heure on prend le petit déjeuner. C'était assez marrant à entendre, on prendra le petit déjeuner à l'hôtel pas dans la gargotte. Retour à l'hôtel, ce soir pas de karaoké, je discute un peu avec les gens qui sont au bar. Notre hôtel est un peu rempli, pas mal de voyageurs âgés, un couple en lune de miel.
Notre dernier jour à Bekopaka, on part voir les grands tsingy. Pour les atteindre il y a 17 km de routes tortueuses, le 4x4 est nécessaire. On part assez tôt pour arriver les premiers et ne pas souffrir de la chaleur du jour. Arrivé au parking on ne découvre pas les tsingy, mais où sont-ils, cachés derrière la forêt?
On a pris le circuit le plus sportif long de 4 heures. Avant de commencer on enfile des baudriers, il nous serviront pour s'accrocher si on a le vertige. La marche débute par la forêt et la découverte de quelques grottes. C'est assez sportif, il faut parfois ramper, se coucher, faire de l'escalade. Il faut mieux être en forme et ne pas avoir le vertige. Puis on commence à monter dans les tsingy. Là c'est vraiment de l'escalade. En haut des tsingy sur le belvédère on est bien à 50 mètres du sol. C'est beaucoup plus impressionnant que les petits tsingy de par la superficie et la taille. Le circuit est très bien aménagé, les guides ont fait du bon travail. Un peu d'aventure pour traverser le pont suspendu, on se dirait vraiment dans un indiana jones. C'est très sympa.

pont suspendu Pont suspendu

La vue est vraiment superbe. Les grands tsingy font plus de 100 km de long, seule une partie est accessible le reste est une réserve. A l'horizon on voit ces grandes arêtes et pics particuliers. On prend pas mal de photos pour se souvenir de cet instant.

grands tsingy panorama Grands tsingy panorama

Beaucoup de grands aventuriers sont venus ici. Je me rappelle d'un des reportages de Nicolas Hulot, de Yann-Arthus Bertrand, du National Geographic. Pour venir jusqu'au tsingy de Bemahara, il faut mettre de la volonté, parcourir pas mal de kilomètres, mais l'effort en vaut vraiment le coup. On se trouve dans un paysage si original qui ne se retrouve nul part. Difficile d'imaginer un endroit pareil sans l'avoir vu.

Panorama des Tsingy

On contemple les lieux de 2 belvédères, il n'est que 10 heures du matin mais la chaleur est écrasante. Je plains ceux qui vont arriver plus tard. 10 minutes passées en haut on commence la descente. Par des échelles, des pierres bien ajustées on redescend sur la terre ferme. On se retrouve dans un vrai labyrinthe. Heureusement que Tata connait bien le chemin, on doit faire un peu de spéléo. Puis on quitte définitivement les tsingy pour se retrouver dans la forêt. On découvre une famille de lémurien que l'on prend en photos.
Retour à la voiture pour rentrer à l'hôtel. Ce soir on part en randonnées de nuits pour découvrir la vie nocturne. A 18h30 il fait nuit, c'est l'heure pour nous de partir. La lampe de Tata est de fabrication chinoise avec des piles énormes. Du très mauvais matériel ces produits chinois. Mais sa vue est vraiment bien développée, il repère caméléons, serpents, grenouilles, lémuriens.

cameleon vert Cameleon vert

On ne voit pas beaucoup de choses mais c'était quand même sympa. J'ai malheureusement perdu ma lampe donc je n'ai pas pu trop aider. On lui laisse chacun 15 000 Ar; cela ira comme pourboire.
Demain on repart assez tôt car beaucoup de route nous attend. En voulant payer je m'embrouille avec le gérant car la tente a été déchirée. Je m'en étais aperçu mais je pensais que c'était pas moi. Au final le ton monte un peu mais il ne me fait pas payer plus cher. Je pars un peu énervé. C'est pas grave.
On repasse les 2 bacs avec la longue route tortueuse et cabossé pour prendre la direction de Morondave.
Il y a beaucoup de baobabs sur cette route, on s'arrête au baobab amoureux. Ce baobab a son tronc qui s'entrecroise. Comment cela se fait-il que tous les baobabs sont sur la route mais l'amoureux est caché dans les terres me demandent un chauffeur? Mystère mystère.

baobab amoureux Baobab amoureux


Puis on atteint la très célèbre allée des baobabs où une dizaine de baobabs sont alignés le long de la route. C'est vraiment très photogénique. On attend 2 bonnes heures pour voir le coucher de soleil.

baobab et coucher de soleil Baobab et coucher de soleil

J'en profite pour tester les fonctions de mon appareil, j'arrive à prendre un char à zébu dans l'allée.

allee des baobabs avec char a zebu Allee des baobabs avec char a zebu

Voilà mon voyage semble aller vraiment sur sa fin. J'ai fait la plupart des choses que je voulais.
On peut continuer jusqu'à Morondave où on passera la nuit.

Photos

Carte

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