15 Sep 2009 |
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Départ pour la descente de la Tsiribinhia,
ArticleIl est fait bien chaud à Miandrivaze, la ville la plus chaude de Madagascar. Elle est coincée dans une cuvette. Ma nuit passe vite. Levé à 8h, je rejoins José au petit déjeuner. On me sert un vrai jus d'ananas. Je l'apprécie particulièrement.
On a déjà 3 heures de retard sur les filles, il va falloir les rattraper. Je prends la pagaie et me met moi aussi à ramer. On a de la chance car le courant est fort et nous entraine rapidement sur la rivière. L'eau est bien trouble, je ne sais pas trop ce qu'y se cache. On s'arrête vers 12h pour une pause déjeuner. J'en profite pour aller nager un peu avec les enfants malgaches. C'est à celui qui fait le plus joli plongeon où le plus joli plat. Max prépare à manger, du riz sauce tomate avec du zébu. Un groupe d'une dizaine d'enfants m'entourent. Il regarde avec avidité mon assiette. Je sais qu'ils attendent que je leur laisse mon plat. Je mange ce qui me suffit sans me goinfrer et je les invite à manger. C'est la guerre à celui qui prend la viande, plein de petites mains empoignent le riz. C'est celui qui en prend le plus possible et puis on verra après. Cela fait sacrément bizarre de se retrouver confronté comme çà à des gamins qui en l'occurrence n'ont que très peu à manger. Comment savoir quoi leur laisser, il était bien une vingtaine et je n'avais qu'une unique assiette. Et puis c'est le plus fort qui en prend le plus, une sorte de guerre de survie. Difficile de ne pas rester insensible à cette misère, à ces jolis sourires qui vous frappe, à ces quelques mots échangés avec comme dénominateur le mot vazaha. Je suis vraiment d'un autre continent, moi et l'argent qui m'ont permis de voyager ici. Illusoire de croire que l'on peut changer le monde, mais à ma façon j'aide peut être un enfant à mieux manger aujourd'hui. Il me parle des arbres, des oiseaux que l'on croise. On est vraiment dans la nature. Ici c'est la vraie campagne, la rivière c'est le point de rencontre des animaux, du bétail, des hommes. Des petits enfants nous suivent en courant, ils veulent que je leur lance ma bouteille vide d'eau vives. Le soleil commence à baisser, cela devient bien plus agréable. Il va commencer à faire nuit. Max me fait signe, c'est là que l'on va bivouaquer. Les autres sont déjà là. On les rejoint. Je rencontre les 2 filles de Paris qui ont payé un tour complet depuis Paris. J'ai été formellement interdit de parler de prix. Je ne me lance pas sur ça car je pense qu'elles ont du payer une belle somme. Leur accueil est un peu glacial. On mange chacun de notre côté. Je paye une bière et un coca à mes coéquipiers. C'est Max qui y va il paiera moins cher. Je pars avec David le petit garçon voir les petits hotely (gargottes) qui sont installés. Montées rapidement, elles ne restent que 6 mois. A la saison des pluies l'eau les emportent. Je suis accueilli par un Manroso Vazaha (entre étranger). Ils font un peu à manger, vendent des bières. On est vraiment nul part mais il y a quand même de la THB et du coca. Ici se retrouvent des piroguiers qui font la remontée. De 3 jours en descente c'est plus de 11 jours de remontée. Il se servent d'un grand bout de bois pour pousser la pirogue. Ces hommes sont vraiment de vrais athlètes, ils gagneraient sûrement des compétitions d'aviron ou autres!!! Le soleil commence à frapper fort, heureusement on s'arrête vers 11h à une superbe cascade. Dans une petit crique, il y a une source d'eau qui forme une jolie cascade. On se baigne dans cette eau transparente. Je me fais un massage du dos, je sens les courbatures du pagayage. Je joue avec David; il est vraiment trop sympa ce petit garçon.
Pas besoin de se comprendre pour apprécier de jouer ensemble. On s'éclabousse, on fait des figures sous la chute d'eau. L'eau est fraîche c'est super agréable. J'ai l'impression que les filles sont assez renfermées, elles restent entre elles. Moi je vais voir les piroguiers, le guide. J'aime discuter avec ses gens, on a toujours quelque chose à se dire, une bonne remarque à placer. Très agréable cette petite escale, on va repartir pour aller manger. Je commence à souffrir du soleil qui tape fort. Je n'ai pas mis assez de crème sur mes cuisses, je commence à attraper un coup de soleil. Vers 13h on s'arrête manger dans un village. Le même scénario se produit, des gamins nous entourent et attendent que l'on finisse le plat. Ensuite c'est l'anarchie totale, les petites mains chipent tout ce qu'ils peuvent. Ils sont marrants, on prend des photos. J'ai un peu du mal à cerner ces filles, j'ai l'impression qu'elles sont très égoïstes, très refermées sur elles-même. J'en profite donc pour aller à côté me faire raser. On va acheter une lame chinoise mais le mec me fait mal avec. La Chine a envahi l'Afrique de leur produit merdique. Bon deuxième solution je vais chercher mon rasoir avec de la crème. Ils ont jamais vu ça. Les gens d'ici sont des sakalaves, ils sont assez imberbes. Je sors la crème et essaye d'en mettre sur la main de David mais il recule. Il ne connaît pas, il n'a pas confiance. Je m'en met sur le visage et un des garçons prend mon rasoir et commence à me raser. Bon au final j'aurais mieux fait le travail. Mais c'était marrant j'étais l'animation du jour, un vazaha qui se faisait raser. Les gamins passaient, regardaient, rigolaient. Bon je termine tout seul parce qu'il n'a pas trop l'habitude. Je lui donne 100 Ar pour le remercier. On attend un des piroguiers. Tous les gamins sont encore là. Pour s'occuper je commence à faire le jeux de se taper sur les mains. Je suis trop grand pour eux, puis on s'entraine tous à faire des bruits bizarres avec nos mains, en claquant des doigts, en faisant des bruits de pets sous les bras. Tout le monde rigole. Camille leur montre comment faire la chouette avec les mains serrées. Ils essayent tous mais personne n'y arrive. Comme quoi la communication ne passe pas que par une langue commune, ces petits gestes, ces façons de faire du bruit, de la musique c'est universel. Je donne ma bouteille d'eau vive. C'est la guerre pour celui qui veut la récupérer. Il faut un peu les calmer. Le plus surprenant c'est qu'il n'y a aucun adulte qui suit les enfants. Ils sont livrés à eux-même. C'est la grande sœur qui s'occupe du dernier. Il y a toujours un petit chef. C'est souvent une des filles, les garçons les plus grands sont déjà embauchés pour travailler. Mes cuisses sont rouges, je met les mains dessus, je sens la chaleur. Il va falloir passer un peu de biafine. Ce soir on tue la poule pour la manger. Je ne suis vraiment pas habitué à tuer pour manger. Plus je regarde cette pauvre poule qui nous a suivi tout au long du trajet, plus je ne peux voir Max la tuer. Il va un peu plus loin et on entend rien. Le diner est servi. On mange très bien encore une fois. Ici il n'y a vraiment rien, pas d'hôtel. On est un peu les seuls au monde. Parfois des piroguiers remontent la rivière. Je vais me coucher sous la tente. Le sable est un peu dur, difficile de trouver un sommeil réparateur, je sens mon dos un peu cassé. Facebook Social Comments Box for Joomla
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