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01
Sep
2009
Depart pour Tamatave Imprimer Envoyer
Écrit par Gwennolé   

Journée en taxi-brousse pour atteindre Tamatave,

Article

Je passe une nuit moyenne. Je sais pas trop pourquoi en ce moment je ne dors pas très bien, je suis réveillé plusieurs fois dans la nuit. C'est peut-être le changement de lieu beaucoup plus bruyant qu'à la Réunion où la savarine.. Je sais pas trop mais je me sens un peu fatigué.
Donc debout de bon matin; enfin tout le monde est levé à 7h; je récupère mon linge qui a fini de sécher et que je plie amoureusement dans mon sac. J'avais mis des affaires partout dans la chambre, je fais bien le tour pour vérifier que je n'ai rien oublié. Je viens juste de voir que j'avais laissé la batterie et son chargeur sur la prise. Bien vu!!
L'hôtel et le linge payé je prends le premier taxi qui m'emmène à la station de taxi-brousse. C'est l'afflux de gens qui veulent prendre mon sac, m'emmener au taxi-brousse. Alors ici c'est une institution. Pour voyager dans Madagascar il faut utiliser le taxi-brousse. C'est un mini-bus où les gens s'entassent jusqu'à limite des places. Les bagages accrochés et bâchés sur le haut du véhicule, on patiente que ça se remplisse. En attendant je me fais accoster par bon nombre de vendeurs et de mendiants. J'achète le journal à un passant et fait mine de me concentrer dessus. Sans insulter les journalistes c'est quand même pas très intéressant. Des histoires de couple, des faits divers qui n'en sont pas. Par exemple un article en 3e page commente le vol de sacs de ciment dans une école. Les tournures sont marrantes. Une unique page d'infos sur le monde. Bon je crois que je vais rester fermé à l'actualité du monde d'ici ces quelques semaines.
Le taxi-brousse est enfin rempli. On a pas trop attendu. Voilà on est parti pour Tamatave en 6 heures de route à travers les montagnes des hauts plateaux. J'ai la place numéro 10, en plein milieu sans appui tête ni fenêtre pour me poser. On est serré comme des sardines, les pieds ne bouge plus; on est calé. Faut plus trop bouger. De toute façon le spectacle est dehors plutôt que dedans malgré la musique endiablée du chauffeur. Première impression quand on sort de la ville c'est cette terre rouge ocre. Quand la végétation se fait rare cette couleur ressort. On traverse de grandes étendues montagneuses. Il n'y a pas grand monde par ici; quelques villages sont traversés, on passe à côté de rizières où broutent des bœufs. Faut pas être malade vu le nombre de virages, enfin c'est pas de chance pour ma voisine qui vomit sur son pull. C'est pas très grave. Cela ne parle pas beaucoup, tout le monde essaie de trouver le sommeil ou regarde la route et ses paysages. J'alterne aussi mais je suis plus attiré par la fenêtre. Je tape sur mes jambes au rythme des vieilles chansons françaises de Sardou ou de premiers baisers. On s'arrête pour manger. Je prend un bol de pattes en bouillon et me prends un café accompagné de manioc. Pas si mal et pour encore moins de 1€. De retour sur la route on approche de Tamatave que l'on atteint vers 16h. Un pousse-pousse m'agrippe pour que je monte avec lui. Il est à pied et moi assis je me laisse rouler.

pousse-poussePousse-pousse

C'est assez gênant de se faire trimbaler de la sorte. En plus il joue sur ça pour que l'on donne plus.
Le premier hôtel que l'on m'avait indiqué à Tana est assez cher, on continue à un autre qui me semble plus raisonnable. J'avais dit 2000 Ar pour la course et il me fait des histoires comme quoi cela n'est pas assez. Je lui donne 3000 Ar. Au revoir mon bon monsieur, si tu n'es pas content c'est pareil.
La moustiquaire est installé, heureusement il n'y a pas tant que ça de moustiques. A Tamatave on est sur la côte, c'est le premier port du pays. Il y a pas mal de business ici. Moi j'y suis en simple touriste.
Je passe par la plage et reviens en ville. Je m'arrête à une agence de voyage pour savoir comment aller à Sainte-Marie et connaître les clubs de plongée. Le conseiller passe les coups de fil pour moi. Il ne me demande rien en retour. Je regarde aussi pour un vol entre Sainte-Marie et Nosy Be. Cela se fait en passant par Tana, j'achèterai mon billet demain.
Je pars manger sur le bord de la plage, des petits sièges sont installés. Je prends des brochettes et une soupe chinoise. C'est simple mais l'avantage c'est que c'est rapide, pas cher et surtout je peux parler avec les gens qui sont assis avec moi et ceux qui servent. Les filles avec qui je discute sont super sympas, tous les jours elles prennent le taxi pour venir bosser ici. Leur français n'est pas si mal on se comprend facilement. Leur vie est faite de routine, de petits boulots, une vie simple. On se met toujours un peu à la place des gens avec qui on est. J'aurais du mal à changer mon mode de vie pour le leur. Finalement nous occidentaux on vit de beaucoup d'extras.
Je suis donc à Tamatave au bord de la plage assis sur ces petits tabourets. Je peux être loin de chez moi, de mes habitudes, mais je se me sens heureux de partager ces petits moments simples avec des gens. Ils sourient, je souris. On discute de tout et de rien, j'apprends quelques mots malgache que j'ai du mal à me souvenir. Je goûte à chacun des plats sur l'étal pour durer l'instant. Brochettes au poulet, au porc, soupe chinoise, sucrerie, noix de coco. Je me remplis bien l'estomac.
Voilà le moment est venu de repartir, je rentre à l'hôtel. Je m'arrête à un bar faire un billard, il n'y a pas grand monde mais je trouve quand même des partenaires pour jouer.
Demain destination Vavaten et la communauté des sœurs du Bon Sauveur.

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