06 Apr 2009 |
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De retour à La Havane après 15 jours de route de Cuba d'ouest en est,
Partant de Santa Clara ce matin en bus via Viazul; on laisse une belle image du Che sur le mur de la gare routière. On suit l'autopista construite aux temps fastueux de l'époque russe et qui par faute de moyen s'est arrêté au milieu de l'île. Les routes sont quand même de mauvaise état. Pour une autoroute c'est plutôt une route large de 4 voies sans accotement, ni protection sur les bords. On croise bus, voitures, camions dont la fumée est plus noire que la crasse que j'ai sur mes pieds avec mes sandalettes. Il y a quelques Peugeot, Hyundai, mais surtout des lada ou des vieilles voitures américaines que l'on retrouve dans les restaurants tommy's. Blocus américain dès 1959 oblige.4h de trajet et on arrive à La Havana. Il fait un peu plus frais que dans l'Oriente, ce n'est pas désagréable. Je suis attendu et on va à la casa. Négociation des tarifs avec le taxi, il met son meter tout de suite c'est plus avantageux. Deux chambres, je prends la plus petite. Je n'arrive pas à faire baisser le prix à 20$, ce sera 25$. Je me retrouve à la havane centre dans ces rues toute défoncées où les ados jouent à la pelota.Je me dirige vers la vieille havane à l'architecture et le style si particulier. De très jolies casas avec cour intérieur, des musées, des galeries d'art, une cathédrale. Beaucoup de touristes arrivent ici, très souvent en tour organisé. Ça grouillent de jineteros et vendeurs de bibelots en tout genre. Attention aux poches. Certains ont les habits colorés des anciennes colonies, on les paye pour prendre une photo. Je retrouve la femme qui est en couleur dans le lonely planet. Elle a 84 ans, bravo. Cela ne fait pas très naturel mais bon il doit avoir quelques touristes qui apprécient. Je continue ma route vers le malecon, le soleil commence à se coucher. Un peu de vent sur la Havane au loin au Nord la Floride. Ça doit être tentant les Etats-Unis pour des jeunes cubains qui ne voient pas d'avenir chez eux. Je me dirige vers l'hôtel national, un hôtel très haut standing. Je vais chercher mon petit hobby une géocache. Je n'ai retenu que celle-ci. Il n'y en pas des masses à Cuba mais bon celle-là est la plus facile, pas besoin d'un gps. Avec les indications données il est facile de trouver la cache. Je prends une photo en face du malecon et de la mer qui s'étend à l'horizon. Retour à la casa pour poser mes affaires, je mange dans la rue. J'ai trouvé un petit truc qui fait du riz avec de l'agneau je pense. Ça me surprend de voir de la viande comme ça. Tant mieux et pour 20 pesos c'est encore mieux. La contrepartie c'est de manger dans la rue, les odeurs c'est pas la rose.Pas énormément d'animation dans les rues de La Havane, je pense que les gens sont plus vers l'ouest de la Havane où il a tous les hôtels. Bon une autre fois. Je prends un taxi cubataxi pour rejoindre l'aéroport José Marti. Tous les touristes sont là près à prendre leur avion. C'est une sacré machine cet aéroport, il y a du monde qui transite finalement. Pour pouvoir sortir du territoire cubain il faut payer une taxe de 25$. Je m'en acquitte, j'y étais prévenu. Des français ralent que c'est pas normal.. Sacré français. Le tourisme c'est l'industrie numéro 1 ici à Cuba. Quand je pense que la femme qui récupère ces 25$ à tour de main ne doit même pas les gagner par mois. Ça doit être un peu dégoutant, ça se voit tellement elle n'a pas l'air d'être très motivée par son boulot.. Donc voilà mon séjour se termine à Cuba. 15 jours de bourlingues, de La Havane à Santiago et retour. De belles étapes au milieu, j'ai beaucoup apprécié cet esprit de fête, de convivialité, de chaleur humaine qui se dégage des cubains. Un beau pays qui regorgent de jolis paysages, de lieux déserts, de mystères, d'une histoire qui a marqué le XXe siècle, des légendes ont été créées ici.. Malgré cela je regrette ce tourisme de masse qui passe sans s'arrêter qui pourrit les relations étrangers-locaux. Je ne me suis pas senti réellement intégré, ma couleur de peau m'excluait dès le premier abord. J'ai eu le mauvais sentiment d'être un portefeuille, que l'on n'attendait de moi que mes CUC. C'était bien plus fort dans les grandes villes, dans les villes touristiques. Facile d'en faire une conclusion. Est-ce la faute de ce gouvernement communiste qui contrôle tout, à qui l'argent revient et qui ne reverse que si peu? Je ne suis pas habitué d'avoir une deuxième monnaie, ça me dérange de payer des sommes 10 fois plus cher parce que je suis un étranger. Je suis choqué que je puisse me payer une bouteille d'eau alors que mon voisin de banc me dit qu'il ne peut pas se le permettre. Je suis choqué que pour qu'un cubain voyage il doit réserver 15 jours à l'avance ou venir 5 heures avant le départ du train ou du bus sans être sûr d'y monter. J'ai toujours voyagé avec la compagnie Viazul avec presque que des touristes et presque jamais bondée. J'aurais aimé partager ma place à un cubain qui va voir sa famille. Où va tout l'argent que j'ai pu donner, quand j'achète un cigare 5 euros combien revienne à l'employé. C'est humain, c'est vachement bien d'avoir un système hospitalier gratuit, d'avoir une école ouverte à tous et sans frais. Mais ces cubains ne méritent-ils pas de pouvoir être un peu plus indépendant financièrement. C'est un peu le cri que j'ai entendu, de gens qui mendiaient sous le couvert d'une amitié naissante. Cuba est un beau pays il n'y a pas à douter mais sous cette belle carapace fait de rythmes endiablés, de soleil, de sourires il y a une vraie misère qui essaie de s'en sortir. Sans les touristes Cuba ne peut pas vivre, il est bien normal que je donne parce que je voyage ici mais que cela ne soit pas la clé nécessaire pour la rencontre du pays et de la culture cubaine. 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