03 Apr 2009 |
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Le coup de cœur de ce voyage, la vie tranquille de Bayamo,
ArticleAprès les villes touristiques de Vinales, Trinidad et la grande ville Camaguey je pose mon sac à Bayamo dans la province de Granma. Granma c'est le bateau par lequel Fidel Castro et ses 82 compagnons vont prendre d'assaut l'île de Cuba et y mener la révolution. C'est dans une partie de cette province que le Granma va s'échouer et de là les révolutionnaires vont mener une guérilla dans les montagnes de la Sierra Maestra pour conquérir toute l'île. A sa tête Fidel Castro, son frère Raul au pouvoir aujourd'hui et le légendaire Che Guevara.
Y était installé une cuisine, un hôpital, des campements, un émetteur de radio: radio rebelde qui transmettait sur tout le continent américain sa voix pleine de revendication et de révolution. Une moyen performant de propagande qui a permis certainement à Castro et ses guérilleros de renverser le pouvoir. Pour y accéder on prend un taxi pour aller à la ville de Santo Domingo à une bonne heure et demi de Bayamo. De là il faut s'acquitter de l'accès au parc national 20 CUC quand même et de 5 CUC pour un 4x4 puissant pour monter les côtes à plus de 40% d'inclinaison. Avec un guide on fait en 4 heures de marche aller-retour la visite de l'ensemble des installations. C'est vraiment pas difficile comme marche, on prend le temps pour comprendre ce qui s'est passé, comment les gens vivaient, les combats. Ici c'est un lieux extrêmement important pour la révolution cubaine. Est-ce que c'est facile pour des cubains de venir ici comprendre leur propre histoire? Je ne suis pas si sur. Loin, pas facile d'accès, cher; les cubains ne se permettent pas ce genre de déplacement. Je me demande dans tout ça où va l'argent que les touristes donnent? Ils remplissent certainement les caisses de l'état, ce qui permet une école, une médecine gratuite. Mais est-ce réparti vraiment de façon égalitaire? Quand on dépense juste pour se loger où faire une excursion plus d'un salaire mensuel d'un cubain (20 CUC) il y a quelque chose qui va pas. Quand on voit que les cubains mendient presque parce qu'ils ne peuvent pas vraiment se permettre de payer une bière 1,5 CUC il y doit bien y avoir quelque part quelqu'un qui s'en met plein les poches. Pour moi s'est tout indiqué, le pouvoir en place. Pas facile de parler politique ici, les cubains se contentent de ceux qu'ils ont, de ceux qu'on leur donne, ils ont pris à leur compte la formule de travailler plus pour gagner plus. C'est autant d'extras qui permet d'arrondir ses fins de mois. Plus facile de vendre aux touristes qui parfois ne comprennent même pas ce qu'ils donnent, de mendier plutôt que d'aller à l'école. Le tourisme de masse a ces effets négatifs ça se ressent dans les grandes villes; ce sont les jineteros.. A Bayamo on est bien tranquille pour ça. En revenant à la casa, je mange avec la famille et un italien qui loge ici aussi. On boit un vin rouge cubain, pas trop mal. 2 CUC au restaurant à côté; j'ai voulu aller acheter un bouteille mais j'ai été refoulé parce que je n'avais pas un pantalon. Ouah premier fois qu'on me refoule d'un restaurant. On réussit quand même à acheter un bouteille, retour à la casa. Un groupe de 3 français et venu manger. Ils restent un peu après, l'italien sur son mac nous met un karaoké avec les chansons ultra célèbres quantamera et commandante che. Tout le monde est là, même le chien. Vraiment super sympa, un peu de musique électronique et on se met tous à danser dans le salon. Ils sont géniaux ces gens, plein de vie, de sourires, d'envie de communion, de fêtes. C'est la première casa où je me sens comme chez si c'était chez moi. En face à la casa de la trova, une soirée reaggaeton a lieu. J'y vais, rencontre un groupe de cuba, ensemble on prend une bouteille de rhum. Soirée endiablée!! Le lendemain pas très frais je me réveille à 12h, je passe une journée tranquille, prend un vélo de la maison pour aller me balader dans le campo (la campagne). Sur la route pas beaucoup de voitures, des camions vieux d'une bonne vingtaine d'année, crachant des fumées aussi noires que mon sac, beaucoup de gens en vélo, forcément c'est un des moyens de locomotion le plus économique. Sur la route beaucoup de gens attendent un improbable auto-stoppeur ou un bus qui s'arrêterait pour les prendre. Ils peuvent attendre des heures sans que personne ne les remarque. Pas facile d'être productif dans ces conditions. J'aime bien aller faire du vélo, ça permet d'aller plus loin, de prendre son temps, de voir autre chose que les villes habituelles. Je reviens 4 heures plus tard, avec les fesses endolories par la selle moyennement confortable. A dix minutes à pied, il y a un petit barrage sur la rivière où on peut se baigner, j'y fais un tour avec seulement mon maillot de bain et mon tee-shirt. Rafraichissant avec ces chaleurs de plus de 30°C. Plus on va à l'est et plus il fait chaud. C'est un peu le coin où les jeunes se retrouvent, on y fait du pédalo, un peu de ballon, du baseball dans la pelouse toute proche. Tout à goût de vacances j'ai l'impression. Je reviens à la maison pour diner avec une nouvelle arrivante française. Il y a du monde qui vient ici, tout les jours on voit des personnes nouvelles. Tant mieux c'est toujours sympa. Demain je quitte le calme de Bayamo pour la tumultueuse Santiago ma destination la plus orientale de Cuba. Facebook Social Comments Box for Joomla
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