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27
Mar
2009
Vinales Imprimer Envoyer
Écrit par Gwennolé   
2e étape à Cuba la ville de Vinales,


Article

Mon bus part de la Havane à 14h. J'ai un peu le temps le matin pour aller faire un tour à La Havane à la recherche d'un cyber-café que j'avais repéré la vieille. Malheureusement je n'ai pas réussi à le retrouver. C'est un vrai dédale les petites rues de La Havane; elles se ressemblent toutes.. C'est pas grave je reviens à la casa, prend une photo de mes logeurs et je pars vers la station de bus. Je pensais que c'était à côté mais en fait ce n'était pas si près. Je marche bien 45 min avec mon gros sac sur le dos et le petit devant. Je me suis pas trop fait suivre par des taxis, j'aurais cru que j'allais me faire harceler. Mais non tant mieux. Le rendez-vous est à l'accueil à touristes. On est emmené au bus qui me semble plein de touristes. J'aime pas trop ça me retrouver dans « ce circuit à touristes ». C'est un peu comme si on nous mettez des oreillettes pour ne pas voir la vie des cubains mais aussi pour avoir à payer dans une devise bien plus intéressante. J'aimerais bien me fondre un peu dans un bus plein à craquer sans le confort, l'air climatisé; mais riche du contact des cubains, de ces discussions incompréhensibles pour moi. C'est un peu là le problème, déjà qu'on fait tout pour nous éviter de se mêler avec la routine des cubains en plus si j'ai du mal à me faire comprendre pas facile.. Enfin je sens que je m'améliore quand même en espagnol, avec des gestes, des mots qui reviennent tout le temps je peux un peu m'exprimer.
A l'arrivée à Vinales on est attendu par une dizaine de gens qui nous sautent dessus pour choisir une casa. Moi la grande classe j'ai mon nom qui est inscrit en gros sur un papier: GUENOLI. Oui c'est moi à la mode cubaine. Je suis donc dans une casa avec les 3 générations: la grand-mère, les parents et les 2 enfants.. J'ai la plus grande chambre avec 2 grand lits et une salle de bain juste pour moi. C'est bien trop luxueux je n'en demande pas tant. Enfin je suis là j'y reste! La première soirée je ne fais pas grand chose, on regarde à la télé un match de baseball. Ici c'est des grands grands fans de baseball. Je ne sais pas trop pourquoi mais c'est comme ça. J'explique que en France on ne regarde pas trop ce sport. Le foot par exemple marche mieux, tout le monde connait Zidane et Henry. Quels stars!!
Je dors une bonne longue nuit, pas réveillé par le coq dans la rue. Petit déjeuner avec ces jus de fruits toujours aussi délicieux. C'est bien du naturel.. A 9h30 m'attend Orlando (qui n'est en fait que le voisin) pour m'emmener visiter les alentours et le superbe paysage de montagne. En fait en arrivant ça m'a fait penser à la baie d'Along mais sur terre. Au milieu de la vallée il y a ces montagnes recouverte de verdure qui s'élèvent de façon abrupte. Au lieu du bateau qui vogue au travers ces roches on marche sur les chemins de terre rouge.


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Des cavaliers nous dépassent le sombrero bien fiché sur la tête. Je prends les rênes d'un attelage de bœufs qui retournent la terre. Très old school. Bon je ne suis pas trop fait pour ça on dirait!!

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On traverse les champs de tabac, Orlando m'explique comment les feuilles sont séchées dans des petits enclos et me montre en moins de 1 minute chrono comment on fait un cigare. Bien rapide le cigare artisanal.
On passe des champs d'ananas, des pamplemousses, maïs...Au loin des paysans coupent les feuilles de tabac, je m'y essaie aussi c'est pas franchement une réussite, faut voir comme eux vont vite. En fin de journée je me demande l'état de leur dos.. Ici on est pas au 35 heures et 25 jours de congés payés.

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On continue notre chemin vers une grotte qui s'enfonce dans la montagne; au bout on va se baigner dans cette eau claire. Bien sympa ce petit instant de fraicheur au milieu de la montagne. 2 uruguayens nous accompagnent, çà parle très vite je comprends pas grand chose. Bon je fais mine de comprendre et de rire aux blagues.

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On s'arrête après pour boire un sucre de canne, on me propose d'acheter des cigares et du café pour 20 pesos. Je suis pas forcément intéressé, je refuse en me trouvant des excuses. Je me sens parfois un peu obliger d'acheter ou de donner quelque chose; mais ici ils ne sont pas trop insistants. C'est plutôt agréable. La balade se continue et se termine; on rencontre une québécoise un peu perdue. Je retrouve la casa après 4 heures de marche au milieu de ce joli paysage. Une bonne journée de passée..

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Il faut maintenant que je prépare la suite du voyage. J'ai dans l'idée de plonger à Maria La Gorda. Un tour effectue le trajet tous les jours avec un package plongée. Ça semble bien mais j'aimerais faire un peu plus qu'une seule plongée. Je vais à l'accueil, la discussion s'entame à la fois en anglais et en espagnol. Il n'y a plus de place dans l'hôtel pour rester une nuit sur place. Maria La Gorda c'est un peu paumé à l'extrémité ouest de Cuba. Pas d'autre moyen de dormir que l'hôtel. Je ne suis pas trop sur pour la place à l'hôtel. Je vais vérifier car j'ai l'impression qu'il essaye de me faire payer le prix package en me disant qu'il n'y a pas de place là-bas. Bon avant de rentrer à la casa j'essaie de trouver un internet. Un seul à vinales, 6 CUC de l'heure. Pas donné, et en plus tout est bloqué pas moyen d'ouvrir ses propres programmes, ni de faire ce qu'on veut. Même le démarrage de la machine nécessite l'entrée d'un mot de passe. Bon j'irais ailleurs, parce qu'en fait je n'ai que les fichiers openoffice, ça n'existe pas trop ici. Je vais maintenant chercher de l'argent à la banque. Pas de distributeur, mais un guichet. On me reçoit, je vais prendre 300 CUC. Pour 300 CUC on me prend 33 CUC pour les frais. Super, je suis donc débité de 333 $ sur mon compte. En plus des frais que j'ai par ma carte visa je ne sais pas si c'est vraiment une très bonne affaire. De toute façon je ne peux pas faire autrement. J'ai encore quelques euros et pounds que je garde encore si j'ai besoin de cash. J'ai donc sur moi des euros, des pounds, des dollars, des CUC. Il me reste plus qu'à chercher des pesos cubains, moneda nacional. 1 CUC= 24 pesos nacional. Il faut aller à la casa de cambio pour faire le change. Je change 10 CUC, on devrait me rendre 240 pesos. La guichetière compte devant moi. Je recompte et là elle me reprend les billets, prétextant qu'elle s'était trompé dans le nombre elle m'avait donné que 140. La grosse arnaque!! Je ne l'ai pas fait exprès, mais bien sur!! J'étais averti, je lui fais bien comprendre que je suis pas dupe. C'est le jeu. Il y a une différence telle entre ce que les touristes et les locaux payent. S'en est parfois indécent. Pour les 3 nuits, 3 repas, 3 petits déjeuners et boissons j'ai payé 103 CUC. C'est une sacré somme ici, environ 100 euros pour nous. Avec ces 3 jours le mois de la famille chez qui j'ai logé est bien rempli. Au moins l'argent donné va à cette famille. Ils ont été très agréable, très serviable. Ils méritent cet argent pour sûr.

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Je ne sais pas si ils doivent verser une somme à l'état pour loger des étrangers. Ce serait intéressant à demander.
Mon change effectué je reviens à la casa pour essayer d'en savoir plus sur l'hôtel à Maria La Gorda. On appelle avec le téléphone de la casa, premier numéro incorrect. On réessaye avec un autre, ça marche. Je prends le combiné; bon va falloir parler espagnol. -Hola! Tienes habitacion para la manana? -No, es occupado -Vale, ciao.
C'était à peu près ça. C'est donc confirmé l'hôtel est plein. Dommage. J'avais cru que l'on me disait pas forcément la vérité, je n'avais pas raison. Un bon point!! Alors retour à l'agence de voyage, je réserve pour la plongée à Maria La Gorda le lendemain et pour le voyage à Trinidad. Encore 100 CUC qui changent de mains. Çà part vite l'argent. Au moins tout est organisé et je suis bien tranquille pour les 2 prochains jours.
Ce soir je vais faire un tour au bar à salsa. Un orchestre joue presque tous les soirs. C'est vraiment génial ça. Je me fais inviter par des français de Mont-de-Marsan, un mojito, un cuba libre. J'aime bien la métaphore du cuba libre. Cuba est aussi libre que la composition de ce cocktail: 1 dose de rhum, 4 dose de coca.  2, 5 CUC le cocktail on est bien loin des 8 euros en France. De la salsa, du merengue!!! Ambiance vraiment sympa.
Le lendemain réveille à l'aube pour le bus à Maria La Gorda; minibus qui va mettre 4 heures pour arriver. L'état des routes est assez moyen, on se fait trimbaler de droite à gauche. Pas facile de se reposer. Enfin c'est ça l'aventure. Un journée rempli par 2 plongées et par un peu de farniente sur la plage. Coin idyllique, plage de sable fin, cocotiers, eau azur; c'est le coin à touriste fortuné. Je rencontre des français qui m'expliquent que nous on ne plonge que dans les eaux tropicales, en France on habite à Aix-en-Provence mais il fait trop froid. Quel bande de bourgeois. Restez-y dans vos hôtels 4 étoiles,  moi ça ne m'intéresse pas du tout. Je fais la rencontre d'un coréen. Il est vraiment marrant, on a l'impression qu'il n'est pas trop à sa place mais pourtant il se débrouille à aller à Cuba, sans parler un mot d'espagnol. Tout autour de nous j'ai l'impression que les gens se créent leur mur, leur coquille pour pas qu'on les approche. Ils sont tous à leur bar, attendant d'être servi, puis vont se dorer au soleil sur la plage. Cela me semble égoïste, renfermé. Moi j'aime bien aller parler à la femme de ménage qui passe, au petit ouvrier qui ouvre les noix de coco. C'est ça la plus intéressant, bien plus que cet plage aussi belle soit elle.
La journée passe bien vite, retour au bus pour de nouveau 3 heures de route cahoteuses. On dépasse vélos, tracteurs, vieux autobus. Notre chauffeur fait office de taxi, de postier. Il s'arrête pour récupérer une lettre. C'est plein de solidarité finalement. Il est bien sympa, nous met un peu de musique salsa. Je lui fais un compliment sur son gros bide en lui disant qu'il aime bien manger. On rigole!! C'est des gens accessibles et qui ont le sourire toujours au coin des lèvres.
Ciao c'est l'heure de rentrer à la casa. Sur la place un groupe de danseur prépare leur carnaval. Une vingtaine de chicas dansent sur les rythmes endiablés des percussions cubaines. La musique c'est un peu leur échappatoire, un moment de défoulement, de rencontres. Dès leur plus jeune âge ils sont baignés dans ces musiques, m'étonne pas qu'ils savent si bien et si prompt à danser. Ce soir je vais de nouveau dans ce bar. Un orchestre joue de la salsa de nouveau; puis j'assiste à un show d'un « comique » qui se sert des gens pour faire rigoler la salle. Un français subit les frais du comédien. Il lui demande comment on dit homosexuel en français. Séabstien le français répond homosexuel too. Et là sans y réfléchir notre cubain lui renvoie Non, tu homosexuel. Rire en éclats de la salle. Le pauvre après s'en suit d'autres blagues dont je n'ai pas suivi la teneur et dont lui non plus n'a pas compris grand chose.. Le show est bien loin et je ne comprends vraiment rien, je rentre me coucher je suis bien fatigué. Demain on traverse près de la moitié de Cuba, direction Trinidad.

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