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23
Apr
2011
Leon - Ponferrada Imprimer Envoyer
Écrit par Gwennolé   

Dès le départ de Léon je suis obligé de suivre le camino et de passer par des petits chemins pour éviter la grande route au traffic important de camions. Il est possible de rouler sur ces routes notamment grâce aux bas-côtés assez larges mais c’est vraiment désagréable d’être en permanence doublé par des voitures, des bus, des camions. J’enchaine donc les chemins de terre, de pierre, de boue..

Chemin_de_terre Chemin de terre

Je fais assez attention car il est facile de voiler la roue ainsi. Heureusement qu’il n’a pas encore trop plut. Je vais quand même retourner sur la route car le chemin devient trail maintenant. Je fais quelques détours pour retourner sur la route mais grâce à ma boussole je me débrouille plutôt pas mal. Un outil bien indispensable cette boussole. Il est midi quand j’arrive à Astorga; je suis accueilli par la coquille St Jacques. Je suis bien sur le bon chemin.

Astorga Astorga

Je m’arrête sur la place principale où il y a une statue d’un lion écrasant l’aigle. En fait cela représente la rébellion des espagnols devant les forces françaises de Napoléon qui a sans doute perdu son empire dans cette campagne d’Espagne.

Leon_et_l'aigle Leon et l'aigle

Astorga est une belle ville, je découvre avec surprise le musée des caminos construit par Gaudi. On se croirait à Barcelone.

Gaudi Gaudi

Les courses faites, je déjeune au soleil sur cette jolie place entre le musée et l’église. Il y a bon nombre de pèlerins à vélo ou à pied. En repartant je tombe sur un joli symbole du camino. En espérant que cet arc-en-ciel ne présage pas trop de pluie.

arc_en__ciel Arc en ciel

Pour l’instant il fait toujours beau et je m’arrête à un très joli village traditionnel espagnol nommé Castrillo de los Polvazares. Je rencontre un français qui marche depuis plus de 2 mois en étant parti de Aix-En-Provence. Il m’explique sa philosophie du voyage, il a eu du temps pour réfléchir sur ce que pèlerinage représente pour lui; ce pour quoi il modifie notre façon de vivre, de rencontrer les autres. C’est vrai que dans de longs voyages on a un rapport différent aux gens, aux choses qui nous entourent. On s’approche certainement plus de notre propre essence, de la nature qui nous entoure, à l’écoute des sons, des paroles. On est plus libre d’être nous même, plus limité par un travail, des horaires, des contraintes personnelles. Lui il veut marcher pour prouver que l’on est pas limité par nos différences, notre race ou notre religion; que l’on est capable d’amour, de solidarité, de fraternité. Pour le prouver il veut organiser un grand voyage entre Compostelle et Jérusalem avec un représentant de chaque religion, ou non religieux, de chaque race. Je lui souhaite de réussir et plein de courage.

Je me rends compte qu’à vélo je vais bien trop vite pour avoir le temps de nouer ces contacts, de me donner le temps de réfléchir, de penser. Je ne vais pas au rythme normal d’un humain. Je survole ce long chemin; c’est plus un défi sportif, que spirituel. Je ne suis pas le seul à faire le camino dans ce sens; peu sont dans le “vrai” camino, celui qui consiste à partir de chez soi, fermer la porte, puis de partir à l’aventure sac sur le dos et atteindre Santiago en s’étant rempli de rencontres, de découvertes, de partage, de solidarités. Chacun fait son chemin il est vrai mais il perd de son sens, s’il n’est pas complet, s’il est aidé par tous moyens motorisé.

Après cette longue discussion je pars visiter le village qui a gardé son charme d’antan avec ces ruelles pavées, ces couleurs de briques. Sans doute il est un peu touristique mais est resté comme étaient les villes espagnoles avant la découverte du pétrole et du goudronnage intensif.

castrillo_de_los_polvazares Castrillo de los polvazares

En repartant je tombe sur le bar où a été tourné une scène du film “Saint-Jacques la Mecque” qui était diffusé la veille de mon départ.. L’histoire est un peu caricaturale mais représente bien le camino.

St_Jacques_la_Mecque St Jacques la Mecque

J’arrive sur les premières montagnes qui faudra passer sur une grosse chaleur. Le temps est assez bizzare, l’orage n’est pas très loin. Je découvre de nombreuses croix déposés sur le chemin que suit la route.

croix Croix

Je double pas mal d’espagnols qui sur leur VTT peinent à monter; sur la moulinette je grimpe à mon rythme mais surement. Voici le col maintenant c’est la longue descente vers Ponferrada. Le paysage n’est pas très beau, gaché par tous ces géants électrique, ces éoliennes. C’est assez impressionant le nombre d’éoliennes que j’ai aperçu en Espagne depuis le début du camino. Ils n’ont pas autant de centrales nucléaires que chez nous pour sur. Un panneau m’indique Santiago à 222 kilomètres et Machu Picchu 9453..

distance Distance

Le temps est de plus en plus gris, j’ai un peu peur car la route est très mauvaise. Les pentes sont très fortes, de 10 à 15% avec des lacets très importants. Je suis sur les freins en permanence, faisant le plus  attention possible. Là-bas c’est gris cela ne présage rien de bon. Je déteste vraiment les pentes surtout dans ce genre de situation où la route est très mauvaise. La première partie de la descente se passe bien, je vois meta inscrit sur la route. Je suis donc à la moitié. Un peu plus loin les premières gouttes commencent à s’écraser sur mon porte-carte. Ce qui me faisait peur vient d’arriver, la pluie et la descente. Un cocktail qui sur mon vélo aux freins moyen est vraiment dangereux. Je sors quand même ma cloche pour me protéger de cette pluie qui est de plus en plus forte. En 2 minutes je suis sous un déluge incroyable, l’eau ruisselle sur la route comme dans torrent. Quelques éclairs se font entendre.

La situation est délicate. Je suis sur un vélo qui ne freine presque plus à cause de cette pluie diluvienne et sur une route dont la pente est très forte avec des lacets qui n’arrêtent pas de s’enchainer. Je continue tant que je peux à pied en espérant que la fin n’est pas trop loin. En fait il y a 7 kilomètres que je parcours à moitié à pied et en vélo les patins de freins collés au maximum sur la jante. J’aurais mis plus de temps à descendre qu’à monter, un comble. J’arrive enfin au bout de cette interminable pluie et de cette descente trempé jusqu’aux os. Ma cloche m’a protégé le haut du corps mais je nage dans mes baskets. Je pousse un gros ouf de soulagement. Je m’en suis sorti !!! J’ai eu bien peur.

J’atteinds finalement Ponferrada où je peux me reposer tranquillement en attendant une grosse journée demain à l’assaut de la Galice.

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