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17
Apr
2011
Pampelune - San Juan de Ortega Imprimer Envoyer
Écrit par Gwennolé   

Je laisse donc Pampelone pour une nouvelle journée dans la direction de Logrono. La matinée commence bien, tout devrait bien se passer. Malgré le fait que je n’ai pas de carte pour cette partie du voyage je suis le camino par les petites routes adjacentes tant bien que mal. Il faut passer un petit col où le bruit des éoliennes devient un peu assourdissant.

Eoliennes Eoliennes

Un longue descente suis cette montée. Mon compteur “explose” en affichant 77,5 km/h. Une route toute plate, bien bitumée; ca fonce. Voici donc Puente la Reina la conjonction des 2 caminos venant de France. A partir de ce pélerin les chemins ne font plus qu’un.

Pelerin_de_Puente_La_Reina Pelerin de Puente La Reina

Ma route continue tranquillement, je passe un petit village et je décide de ne pas passer par la route mais descendre voir la ville pour changer. Une petite descente, un stop, un camion et boum c’est l’accident. Je me retrouve par terre, le bruit sourd du camion qui vient de me griller le stop et qui n’a rien vu. J’ai eu beau crié, rien n’y a fait. Pas eu le temps de freiner, je suis parti sur la droite et ne pouvant éviter le camion à gauche qui fracasse mon rétroviseur, me pousse sur le  trottoir je tombe légérement. Des petits bobos sur le genou et sur le bras sans conséquence mais une roue arrière écrasée par les roues du maudit camion qui est parti sans rien dire. Et personne autour pour m’assister. Je suis bien embêté, tout va vite dans ma tête. Qu’est ce que je vais pouvoir faire, je ne peux plus continuer; je ne peux pas rouler avec une roue voilée. Une dame à qui j’explique à force de gestes et de mots mi-français, mi-italien me dit que je devrais aller à Estrella à 5 kms dans un magasin de vélo pour réparer.

La journée qui commençait si bien était si mal tournée. Pourquoi j’étais descendu dans ce village; j’aurais pu tout simplement continuer ma route; et être tranquille sur les chemins de St Jacques. A ce moment là je n’étais plus trop sur de rien, de ma force de continuer, de la résistance de mon vélo, des difficultés du voyage, d’être seul sur les routes. Je ne pouvais pas m’arrêter ainsi; il fallait que j’aille réparer. Heureusement un gentil espagnol m’emmène dans sa fourgonnette jusqu’à Estrella au magasin de vélo. Je le remercie d’un Muchas gracias venant droit du coeur.

Pour changer une roue il faut du temps, le premier magasin ne peux pas le faire avant demain.. Bon j’essaie un deuxième là non plus pas faisable maintenant. On m’indique un dernier. Je me retrouve donc dans le centre ville d’Estrella chez un homme sans doute retraité qui répare les vieux vélos. J’ai bien de la chance c’est ça qu’il me faut!!!

Avant de pouvoir commencer avec mon vélo, j’aide mon nouvel ami José à démonter un ancien vélo dont il s’occupe en ce moment. Ce vieux vélo est indémontable, il faut y aller de toutes ces forces et pourtant il ne vient pas.. Et moi qui était venu pour faire du vélo sur les chemins de Compostelle je me retrouve à travailler dans un atelier de vélo. Si on m’avait raconté cela!!

Enfin José s’occupe du vélo mais il faut changer toute la roue, retirer les rayons, remettre les rayons sur une nouvelle roue..

José_qui_rayonne José qui rayonne

Cela dure bien 2 heures. Voici l’état de la roue après que le camion est roulé dessus:

La_roue_voilée La roue voilée

Enfin tout semble remonté, le frein avant est changé. Je suis enfin libre et prêt à repartir.. Je démarre un peu fébrile et pense à ce camion qui m’est passé devant. Enfin je n’ai pas grand bobos, ce sont des choses qui arrivent. Si je veux aller de l’avant je dois continuer et atteindre Logrono ce soir. Il est 17h quand je repars et je ne suis pas encore arrivé loin de là. Alors je mets les bouchées doubles, je ne rechigne pas dans l’effort, à monter les côtes. La route est belle mais je n’en profite pas comme je devrais, trop préoccupé par ce qui est arrivé et à penser à l’état de mon vélo. Bon si j’allais faire un tour de cette petite ville, prendre une petit pause.. Et voilà quand repartant, la manette des vitesses me reste dans la main. Mais c’est quoi cette journée. Tout me tombe dessus aujourd’hui. Là je commence à avoir de gros doutes!! Je ne suis pas fort en mécanique, et c’est vraiment ce genre de chose qui me fait peur, peur de me retrouver bloqué car mon vélo à un problème. Bon on se calme, on regarde ce qui ne va pas; une vis est tombée. J’en ai de rechange heureusement. Allez cela fera l’affaire pour arriver à Logrono… Enfin Logrono, je l’attendais ce panneau. Il est 20h; et je suis bien le dernier à arriver ce soir. Une journée comme celle là, pas deux fois merci.

Pas le temps de voir grand chose ce soir, juste de passer au Carrefour pour acheter de quoi manger rapidement ce soir et demain. L’ambiance est moins sympa ici; il y a plus d’espagnols, difficile de discuter avec mon niveau basique. Je ne peux dire que d’où je viens et avec ma bicyclette. D’ailleurs il y a de plus en plus de vélo sur le chemin; enfin des vtt. Ils sont sacrément bien équipés avec des sacs énormes sur leur roue arrière. Je ne suis pas dans la même catégorie; moi je suis plus la route..

Le sommeil tombe vite quand on a roulé une longue journée; les 6h30 sonnent rapidement. Les premiers pèlerins se préparent et prennent le chemin. Moi je pars plus tard, il est 8h quand j’enfourche ma bécane. Un petit tour à Logrono et ces places vides qui étaient bien plus animées hier soir. Les villes espagnoles sont agréables, le centre ville piéton est plein de vie, de bar, de fontaines, de places. Tout le monde s’y retrouve, on boit un coup, on discute de la vie, de la famille. Il me semble que les gens ne sont pas enfermés chez eux derrière la télévision.. Enfin ce matin c’est plus les gens qui partent au travail et les pèlerins qui se croisent.

place_à_logrono Place à logrono

Je me sens un peu plus à l’aise que hier, malgré que je sois obligé de suivre les chemins de terre. C’est soit les cailloux, soit l’autoroute; pas d’autres alternatives. C’est assez surprenant de voir qu’il y a très peu de routes en espagne, et que la plupart sont soit désertes, soit à un traffic impressionant de camions.  Heureusement je me retrouve vite sur des routes désertes, le paysage s’étend à perte de vue de vignes et de champ de colza. Je traverse de petits villages espagnol puis arrive à la ville étape Santo Domingo de Calzada. Enfin un monument pour les pèlerins à vélo :

le_plerin_à_vélo Le plerin à vélo

Et si ce soir je m’arrêtais et descendais au Parador. Quand je rentre dans le hall d’entrée je comprends que ce n’est pas vraiment ma catégorie d’auberge. Personne pour m’inviter, bon tant pis quand je serais riche alors !!

parador Parador

Je prends une photo sur la place principale, on se dirait dans les films de zorro.

place_de_santo_domingo Place de santo domingo

Il est temps de reprendre la route et de changer de région pour rentrer dans la Castille y Leon. Compostelle tu te rapproches de plus en plus. Ma destination pour ce soir s’appelle San Juan de Ortega. Depuis ce matin j’étais sur une route déserte puisque l’autoroute drainait tous les camions. Mais depuis la Castille l’autoroute est en construction, tout le monde se rabat sur ma route qui était si bien.. Heureusement il y a un bas-coté qui permet de rouler assez tranquillement mais le vacarme des camions commence vraiment à m’énerver. Je commence par prendre le camino mais avec mon vélo je ne peux pas vraiment me permettre d’y rouler trop longtemps. Sortons la carte pour trouver un itinéraire annexe. Juste à ma droite se profile une petite route qui me semble bien prometteuse. Justement un espagnol me certifie que c’est bien mais que ça monte. Alors ça monte vraiment ; il faut bien passé les 1000m. Mais quel spectacle fantastique que de se retrouver seul sur cette petite route qui surplomble les déserts de la Castille.

petite_route_de_castille Petite route de castille

Je roule bien 2 heures où je traverse des petits villages, des petites routes. Le soleil est haut dans le ciel et tape fort. Il faut mieux se protéger, ca rougit sur le bout du nez.. Quelle harassante journée ; je suis à plus de 110 kilomètres et j’enchaine encore les montées et descente. San Juan est à portée de vue ; le monastère attend..

monastere_de_San_Juan_de_Ortega Monastere de San Juan de Ortega

Voici la beauté du voyage sur les chemins de Compostelle, celle de se retrouver dans un vieux monastère, dans une ville de 20 habitants accompagné par d’autres pèlerins. On mange tout ensemble au restaurant, bar d’à côté. Le plat du peregrino avec du boudin et de la salade.. Des belges, des américains, des hollandais, des allemands, des espagnols, une franco-chinoise et un français faux-breton voici l’équipe qui investit ce soir le monastère en attendant l’arrivée chez le chevalier Cid demain à Burgos.

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