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17
Apr
2011
Pau - Pampelune Imprimer Envoyer
Écrit par Gwennolé   

Après quelques jours passés à Albi, je suis enfin prêt pour repartir et cette fois-ci aller jusqu’à Compostelle. J’essaie de ne pas tricher dans mon pélerinage et donc de repartir en vélo de là où je m’étais arrêté sur le chemin. Je prends donc un train pour Pau. Je suis un peu plus chargé ayant pris un sac à dos que j’ai accroché entre les 2 sacoches sur l’arrière du vélo.

Moi_et_le_vélo Moi et le vélo

Je sens que je suis mal équilibré sur l’arrière, je ne roule pas droit. Il va falloir que j’arrange ça.. Je m’en occupe ce soir au refuge de Lescar à 10 kilomètres de Pau. Il est pile l’heure de fermeture quand j’arrive à l’office de tourisme; on me donne les clefs du refuge. Pas d’autre pélerin ce soir, je suis tranquille. La voie d’Arles n’est pas des plus fréquentée. Je suis prêt à 9h le matin quand un des bénévoles qui s’occupe du refuge m’invite à prendre un café chez lui. Ce n’est pas de refus!! Ils sont bien gentils, surpris de me voir en vélo ainsi. Je prends congé, il est déjà 9h30. Je m’arrête quand même pour voir la célèbre mosaique de l’église.

Mosaique_de_Lescar Mosaique de Lescar

Puis je repars donc sur la route. Le temps est gris mais ce n’est pas si mal. Je rejoins Oloron Sainte-Marie avec sa très belle cathédrale. C’est ici que je quitte la voie d’Arles (Compostelle moins de 1000 kilomètres). J’ai encore plus de 60 kilomètres à parcourir avant d’atteindre St Jean Pied de Port où la majorité des pèlerins se retrouvent. Je laisse passer les moutons qui pour rentrer à la ferme prennent la route. Ils sont 180 me dit le paysan.

Transhumance_des_moutons Transhumance des moutons

Me voici maintenant dans le pays basque, les panneaux, les indications sont dans les deux langues. Impossible de déchiffrer le basque, c’est complétement différent du français.

Mairie_en_basque Mairie en basque

Avant d’arriver à St Jean Pied de Port je dois monter la première “grosse” difficulté de mon périple. Je dis grosse car on m’avait averti ce matin que le col d’Osquich n’est pas si facile. Je me suis donc un peu mis la pression. Les 2 premiers kilomètres sont à 7,5 %. On passe tout  à gauche et on attend que cela passe. En tout il y a 200 mètres à monter sur 5 kilomètres. Je me suis bien débrouillé et j’ai même droit aux félicitations des Pyrénées Atlantiques.

Col_d'Osquich Col d'Osquich

St Jean Pied de Port me voici. Tout un groupe d’anglais est arrivé et s’est présenté devant moi pour l’accueil des pélerins. Je cherche juste à me loger; après 10 minutes nos amis anglais sont partis en face chez les hollandais et j’ai enfin ma place dans le refuge un peu plus haut dans la rue. Dès que j’ai posé mon vélo, je suis assailli de questions par un tarn et garonnais qui veut savoir d’où je viens. Ce soir cela va être animé, cela change de hier!! Un petit tour au supermarché pour acheter de quoi manger; on se retrouve autour de la table avec d’autres pèlerins, un coréen, une allemande, une canadienne, une basque, 2 français. Je suis obligé de jongler entre le français et l’anglais pour faire la traduction. C’est assez marrant. La nuit est assez agitée avec le voisin qui ronfle, le lit superposé qui bouge quand on se tourne, le réveil des gens à partir de 6h. Cela change bien de hier!!! Enfin je suis bien sur le camino!!

Ce matin il fait du brouillard, je n’ai pas trop envie de passer les pyrénées dans le brouillard. Déjà que je crains un peu la montée, si en plus je n’ai pas de visibilité cela risque d’être moyen. Je pars quand même de St Jean. Je passe le portail comme si c’était le passage dans un autre monde; un monde de découverte, de mal au mollet, d’ampoules, mais j’espère de rencontres, de beaux paysages, de lieux hors du temps..

Portail_de_St_Jean Portail de St Jean

Voici le moment que j’appréhende un peu, la montée des pyrénées; une grosse difficulté. Le profil indique plus de 800 mètres de montée pour 25 kilomètres. Les premiers kilomètres bizzarement je descends, j’espère que je ne me suis pas trompé de route. Il me semble que non, je passe Villacarlos, me voici en Espagne. La route monte bien maintenant. J’entre dans les lacets. Mais je me sens tranquille, je n’ai pas vraiment de difficulté à monter, la route est bonne, pas de voiture ou de camion ne m’embêtent. Je monte à mon rythme, fais quelques poses. Je vois la route à cent mètres au dessus de moi. J’y serais dans pas longtemps. Puis à un virage je vois le col. Dans ma tête je me dis déjà, et bien oui je suis déjà arrivé!! Surpris mais content j’ai battu les pyrénées. En fait le col n’est qu’à 1050 mètres et non 1400 comme l’indiquait le papier. A pied on va bien plus haut. Et la descente est mauvaise d’après ce qu’on m’a dit. Moi elle est au contraire toute facile, à plus de 50 km/h j’arrive à Roncevalles la première étape espagnole en à peine 5 min. Il n’est que 10h; je suis bien en avance sur ce que j’avais prévu. Tant mieux!! Santiago 790 kilomètres m’indique un panneau, et bien j’arrive Santiago..

Santiago_790 Santiago 790

La route est bonne en faux plat descendant, je fais une bonne moyenne. J’arrive assez tôt à Pampelune. Voici le pont Magdalena, un pont typique médiévale qui donne accès au centre-ville.

Pont_Magdalena Pont Magdalena

Je me retrouve dans une grande auberge qui accueille bien 100 pèlerins. Et bien ici on ne fait pas dans la démesure. Pampelune est conue mondialement pour les fêtes de San Fermin et spécialement pour l’encierro; la course devant les taureaux. Des panneaux indiquent le lieu de la course et l’arrivée aux arènes.

Calle_de_l'estafeta Calle de l'estafeta

Un magasin affiche des vidéos des gens qui courent; il faut être un peu taré ou saoul pour vouloir faire cela. Une image pour montrer le dangereux de la situation.

Devant_les_taureaux Devant les taureaux

Me voici en Espagne. Demain on continue vers l'Ouest, direction Logrono..

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